Débuter son potager en permaculture : STOP au bullshit !

Débuter son potager en permaculture : STOP au bullshit !

S’il y a une chose que je déteste, c’est quand je lis :

Vous voulez avoir des fruits et légumes sans rien faire ? Alors la Permaculture est faites pour vous !

Débuter son potager en permaculture, cest bien plus difficile que ce que les gens veulent vous faire croire.

Tout d’abord, la permaculture n’est pas qu’une manière de jardiner. Même si des principes s’appliquent dans votre jardin, ce n’est pas son essence première.

A la base, la permaculture à plusieurs objectifs, dont :

  • proposer une alternative à l’agriculture conventionnelle avec des tracteurs et des hectares de monocultures qui détruisent la vie du sol
  • proposer un design des villes, régions, pays afin de développer l’autonomie alimentaire
  • Réfléchir en terme systémique et d’interaction : chaque action et élément provoque un ensemble d’événements sur le long terme, et l’objectif est qu’il soit le plus sain possible pour la nature et notre alimentation
  • Avoir une manière d’organisation du territoire intelligente selon votre fréquence d’accès (que ce soit une région ou votre jardin)

 

Si vous souhaitez avoir une liste plus exhaustive de ce qu’est la permaculture et ses objectifs, rendez-vous sur tarpin-jardin.com/permaculture, où vous pourrez écouter une série de podcasts qui résume le Livre Permaculture 1 de Bill Mollison & David Holmgren.

Appliqué à votre jardin, l’objectif est de : 

  • créer une symbiose entre chaque élément de votre jardin, maison, alentours, les animaux domestiques et sauvages, les insectes, etc …
  • C’est une méthode qui favorise la biodiversité au risque, les 2 premières années, de créer un déséquilibre dans votre potager qui réduira sa productivité
  • C’est une méthode qui vous pousse à vous poser beaucoup de questions et à remettre sans arrêt les dogmes en doute

 

Donc, même si l’objectif est, sur le moyen et long terme, de créer de l’abondance en fruit et en légume de manière plus facile, sachez que le maraîchage bio intensif est bien plus efficace sur le court terme.

Et je ne cherche pas à prôner le maraîchage quand je dis ça. J’ai lu, et je relis les principes de permaculture, et c’est bien plus complexe que ce qu’on veut faire croire.

Implanter de manière poussé la permaculture dans votre jardin, c’est :

  • connaître l’ensemble des vents dominants sur votre terrain
  • avoir la passion et patience de connaître un maximum d’espèces et leur principe de culture afin de trouver celles qui s’adaptent le mieux à votre milieu
  • bien comprendre la structure de votre sol, et savoir la bonifier
  • réfléchir aux associations de culture de légumes, d’arbres, d’animaux domestique
  • réfléchir au zonage afin de positionner intelligemment chaque élément de son jardin
  • c’est viser une forme d’autosuffisance en nourriture, voire plus

 

Afin que vous puissiez débuter votre potager en permaculture, nous allons vous expliquer des principes que vous allez directement pouvoir utiliser dans votre jardin. Mais, cette introduction à pour objectif de vous faire comprendre qu’il ne faut pas réduire la permaculture à ces quelques principes, ni à votre carré potager.

En résumé, pour débuter son potager en permaculture, nous allons voir : 

  1. Le paillage : La couverture du sol qui facilite le jardinage
  2. L’implémentation des arbres fruitiers : afin de créer une abondance de nourriture pour les prochaines années
  3. Le recyclage des déchets de légumes / tontes / taille : afin de créer un système autosuffisant en engrais
  4. Favoriser la biodiversité afin de créer un système équilibré où les prédateurs de votre jardin (les limaces) soit limités par leur prédateurs naturels (crapaud, hérisson, etc…)
  5. Le principe de zonage : afin de créer un design de votre jardin qui vous permette de supprimer vos temps de déplacement inutiles

 

Le paillage

Dans les livres de Bill Mollison et David Holmgren, vous entendrez souvent parler du paillage. Sauf qu’en dehors de la France, le paillage est appelé le “mulch” ou le “mulching”.

L’objectif est de ne jamais laisser une terre à nue afin qu’elle soit protéger du soleil. Mais c’est aussi car couvrir son sol nourrit la vie du sol et favorise son efficacité.

En effet, ce sont les vers de terre et autre organismes du sol qui travaillent à créer une bonne terre. Plus on leur donne de nourriture et que l’on travail à leur créer un habitat confortable, plus ils nous donneront une terre prompte à être cultivé.

Pour pailler votre sol, utilisez ce que vous avez :

  • tonte de gazon
  • taille d’arbre
  • feuilles morte
  • vos restes de légumes non consommés

Vous pouvez bien entendu faire venir du paillage, comme du foin ou de la luzerne, de l’extérieur, mais l’état d’esprit permaculturel vise à utiliser au maximum les ressources que l’on a à disposition.

 

L’implémentation des arbres

Dans Permaculture 1, le potager est très peu décrit. Par contre, les arbres fruitiers en occupent une grande place. Que ce soit :

  • des pommiers
  • des poiriers
  • des amandiers
  • des noisetiers

tous ces arbres sont votre securitée alimentaire de demain. Quand vous allez les acheter ou planter, ils ne seront pas productif. Par contre, d’ici 5 ans, ils vous fourniront des fruits facilement.

Facilement ?!

Vous remarquerez que j’utilise le mot facilement, alors que je l’ai critiqué en début d’article. La raison est que le contexte est différent. Un système permaculturel à pour objectif de devenir de plus en plus productif au fil des années, alors que votre effort décroitra dans le jardin. Mais, cela se fera au bout de plusieurs année, et non immédiatement !

 

Le recyclage des déchets de légumes / tontes / taille

Comme nous avons vu, ces déchets ne sont pas à jeter, mais à utiliser comme paillage par exemple, ou de nourriture pour animaux (poules) concernant les déchets de légumes.

Avant de jeter quelque chose, demandez-vous : comment trouver une utilité à ce déchet ?

Exemples :

  • tout ce qui est feuille morte sert au paillage
  • les arbres et buissons taillés peuvent aussi servir au paillage, mais aussi à être brûlé pour chauffer la maison

 

Favoriser la biodiversité

Favoriser la biodiversité, c’est accepter :

  • les guêpes, 
  • les limaces, 
  • les taupes

etc …

Bien entendu, s’ils deviennent nuisibles à la stabilité de votre système, alors il faudra les réguler, mais rarement exterminer.

C’est un point fondamental et pourtant, tellement dur à accepter !

Exemple, les limaces :

  • Elles détruisent vos salades
  • Mais la permaculture prônent le laisser faire du système
  • donc il faut accepter qu’elles détruisent vos salades ! Inadmissible, n’est-ce pas ?
  • Solution 1 : planter plus de salade que vous avez besoin
  • Solution 2 : Installer une mare, plus ou moins grande dans votre terrain, afin d’attirer des prédateurs de limaces (crapaud), ainsi que des refuges à hérisson, etc … 

Et c’est à force d’enrichir votre système en favorisant l’implantation de nouvelles espèces que vous arriverez à un système stabilisé, où les limaces, par exemples, ne sont plus un problème.

 

Le principe de zonage

Je vais résumer le principe de zonage en 2 points :

  • On place les éléments plus ou moins loin selon l’addition de ces 2 critères :
    • Combien de fois j’ai besoin de me rendre à cette plante / animal ?
    • Combien de fois cette plante / animal à besoin de moi ?
  • On prends une zone, et on ne va pas plus loin tant qu’on ne l’a pas maîtrisé / stabilisé

 


 

Vous avez maintenant connaissance de certains principes de la permaculture que vous pouvez directement appliquer à votre jardin.

Peut être que c’est plus complexe que ce que certains articles veulent laisser penser. Mais c’est la réalité, et j’espère que y verrez tout de même un intérêt.

La permaculture à plusieurs objectifs noble, qui me motive à la suivre, bien au delà de la productivité comme seul objectif :

  • Enrichir la terre au lieu d’en extraire férocement tout ce qu’elle a à nous donner, sans rien lui donner à retour que des pesticides et la mort
  • Créer un système qui est de plus en plus autosuffisant : être capable de créer un système interne à notre terrain qui puisse recycler nos déchets animaux et végétaux en nous en servant pour nourrir la terre
  • Favoriser la biodiversité en acceptant qu’une partie de nos récolte leur sera donnée

 

Voilà ce qu’est pour moi la permaculture, de manière très réduite bien entendu. Et j’espère que cette vue d’ensemble vous plaira aussi, car au delà de la productivité, c’est un système qui fait du bien à la terre.

Si la permaculture vous intéresse, j’ai préparé une série de 7 mails afin de découvrir les 7 erreurs que font les permaculteurs débutants. Rentrez votre mail pour accéder à la séquence.

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